Encouragé
Quand j’étais jeune, un de mes jours préférés était le 1er mai. Ce jour-là, j’avais la chance d’espérer recevoir une bise sur la joue de mon dernier béguin. Mes amis et moi confectionnions de petits paniers remplis de bonbons que nous laissions sur le seuil des maisons de ceux que nous connaissions. Ensuite, nous appuyions sur la sonnette et nous nous sauvions en courant. Si nous laissions un panier à quelqu’un que nous aimions, nous courrions lentement puisque si nous nous faisions prendre, on nous embrassait. Cette époque d’innocence est loin derrière moi.
En sécurité
Ses doux cheveux effleurant mon menton, le minuscule poupon se pelotonnait contre mon épaule. L’étape des bébés étant loin derrière moi avec mes propres enfants, je profite de ces tendres moments avec les bébés de mes amis. Même s’ils sont parfois farouches, j’apprécie les occasions que j’ai de les blottir contre moi, surtout lorsque je peux sentir la tension sortir de leur petit corps alors qu’ils se détendent et s’endorment. En même temps, ces moments précieux m’encouragent à lâcher prise de tout ce qui, jusque-là, semblait menaçant ou exigeant.
Au travail
Nous avions un souper de groupe suivi de témoignages sur un Dieu qui aime assez son peuple pour lui transmettre ses rêves. Nous avons entendu parler d’un complexe d’appartements pour mères célibataires, d’une grange aménagée pour les mariages et de terrains de camping chrétiens, de la fondation d’une nouvelle église locale. Le point commun entre ces réalisations était le désir de voir le nom de Dieu devenir grand grâce à chaque pas de foi.
Reliés
Ayant hérité de la tâche de nous occuper du jardin de ma mère pendant son absence, mes enfants et moi nous sommes dirigés vers sa cour arrière en anticipant une jungle. En sortant par la terrasse, nous avons été accueillis par une couche de légumes en désordre alors que quelques vrilles de haricots verts ressortaient comme des épis hors d’une rangée autrement ordonnée. Pendant que nous travaillions, mon fils nous a expliqué la nécessité de replacer les vrilles rebelles sur les tiges. Si les haricots en croissance n’ont pas de support, leur poids fera tomber les tiges par terre où elles deviendront plus vulnérables aux ravageurs, et leur produit s’abîmera.
Regards bien dirigés
J’accorde beaucoup d’importance à l’excellence, et je dois même lutter contre le perfectionnisme de temps en temps. Mais il m’arrive de préférer la vitesse à la précision. La preuve, il y a tout plein de petits trous derrière les photos accrochées à mes murs. Il n’est donc pas surprenant de voir des photos tomber de temps à autre. Après tout, je ne peux pas m’attendre à grand‑chose d’une technique qui s’appuie sur une brosse à cheveux en guise de marteau, et sur un bon oeil au lieu d’un ruban à mesurer. Mes tentatives paraissaient simplement plus rapides que la précision de mesure.
Dire au revoir
Aujourd’hui, j’ai dit au revoir à mon amie Jen. Je l’avais rencontrée il y a un an et je l’avais aimée dès la première entrevue que je lui ai fait passer pour un poste d’enseignante dans notre département. Je me suis vite rendu compte que nous étions des jumelles nées à huit ans d’intervalle (comme moi, elle conserve des bananes dans son congélateur durant une éternité et elle a un coeur sensible. Elle est pleine d’esprit, intelligente, forte et elle n’a pas peur de pleurer). Jen mord dans la vie avec passion. Elle va beaucoup me manquer lorsqu’elle sera partie avec son mari dans une autre ville et un autre État pour commencer une nouvelle vie. De la même façon inattendue que nos chemins se sont croisés, ils se divisent maintenant.
Unité généreuse
Avril 2013 a marqué un anniversaire important pour moi. Pour fêter cela, nous avons fait un long voyage jusqu’à mon lieu de prédilection du temps où j’étudiais à l’université. Les nombreux postes de péage, les vues panoramiques des plages et les excursions en ville ont rendu nos vacances inoubliables. Pour mon mari et moi, le point culminant, et inattendu, a été le fait que nos enfants ont réellement apprécié passer une longue période de temps ensemble.
Un investissement sûr
J’étais assise sur le banc d’une boutique de cadeaux pendant que ma famille cherchait des souvenirs. Nous venions de monter près de 300 marches d’un escalier en colimaçon qui menait en haut d’un imposant monument. En m’appuyant contre le mur, mon regard s’est posé sur l’étalage le plus près de moi. Il était rempli de paquets de pièces de monnaie et de billets, des répliques de monnaies qui ne sont plus en circulation. La pièce de vingt‑cinq cents triangulaire m’a particulièrement intriguée. Sa seule ressemblance avec les pièces de monnaie courante était sa couleur. Je me suis mise à réfléchir à son inutilité sur le marché d’aujourd’hui.
Volonté de Dieu et nos espoirs
Mesurant à peine quelques centimètres, l’image du sonagramme semblait tout droit sortie d’un film de science‑fiction. Les petits bouts de bras et la tête bien définie étaient la promesse de celui qui allait être notre premier‑né. Il nous manquait de connaître son sexe, ses traits de personnalité et ses qualités distinctives pour avoir une vue d’ensemble du coeur qui battait. Les photos du sonagramme qui avaient capturé l’image de cette petite vie qui grandissait dans l’utérus étaient des trésors pour mon mari et moi. Elles nous rappelaient que ce que nous ne pouvons voir à l’oeil nu était en fait, bien réel même si caché.
Fondement
La pièce était dans un état lamentable. Les bureaux semblaient avoir été déplacés sans soin, le sol était couvert de maïs soufflé et les tableaux affichaient un conglomérat d’oeuvres d’art abstrait. Ma salle de classe avait servi de salle de repos et de divertissement pour des acteurs d’âge primaire qui s’y rendaient entre les quelques scènes qu’ils jouaient dans une comédie musicale du lycée. Le rideau final était maintenant baissé, et je parcourais les dommages du regard avant de me mettre au travail en balayant et en nettoyant. Lorsque j’ai rabattu le grand tapis à l’avant de la salle, les mots écrits sur le dessous ont attiré mon attention.